Les lieux du coeur

Les-lieux-du-coeur
Les lieux du coeur
, Montréal, Noroît, 86 pages, 1993.

 

Poèmes

Je me suis éloigné pour mieux frôler tes lèvres. J'ai voyagé sur ton corps pour y lire la bonne aventure, beau paysage qui s'ouvre au plaisir de l'amour. Te toucher, t'embrasser, t'explorer, conquérir tes tranchées, célébrer ton offrande, pour y faire briller les mille feux de l'amour. En toi, j'ai trouvé grâce.

La voix chaude des moines blancs s'enfonce dans la pierre.  Sur dalles d'obsidiennes, se mirent les ogives.  Parole et silence s'épousent au devenir imaginaire du réel muté.  L'odeur de bure frotte l'inconnu entrevu à la jetée des lunes.  Laissez-moi brûler les heures!  Je vais au devant du matin cueillir le huitième jour.

La crête des montagnes découpe un enclos à la lune que je franchis pieds nus aux laudes.  Un nouvel âge de lumière fend l'opacité des êtres.  Le silence prend des pauses sur la pointe des heures.  Le coeur appelle celui qui nomme au tombeau ruisselant d'absence.  De la source aux lèvres se noie la distance.  Léger murmure à la limite du pays perdu.

 

LA PRESSE EN PARLE

Dans l'univers poétique de Jacques Gauthier, "le bout du monde est au bout de l'âme" (p. 51). Pour y accéder, rien de plus simple, il faut emprunter le chemin qui mène au "coeur, au paradis perdu" (p. 37) [...] Ainsi, il n'est pas étonnant de rencontrer tout au long du recueil de très belle métaphores mettant en scène l'humain, le végétal, le cosmos qui s'associent, dans l'imaginaire de Jacques Gauthier, pour exprimer les sentiments du coeur. 

Huguette-Éna Lapitre, extrait de "Voyage au coeur du coeur", Tangence, no 45, 1994, p. 61-63.

Pour citer la version numérique de ce compte rendu, utiliser l'adresse suivante :

http://id.erudit.org/iderudit/025834ar

http://id.erudit.org/iderudit/025834ar