Bienheureux Louis et Marie Quattrocchi

Le 21 octobre 2001, Louis et Marie Quattrocchi ont été béatifiés par Jean-Paul II en tant que couple. Le miracle reconnu pour leur béatification fut attribué à tous les deux. Contrairement à la coutume de fêter les bienheureux et les saints à la date du jour de leur naissance au ciel, leur fête liturgique est fixée au 25 novembre, en souvenir du jour anniversaire de leur mariage. L’ordinaire de la vie, vécu en couple et en famille, rime ainsi avec sainteté. J'en ai déjà parlé dans ce blogue en relatant la canonisation des parents de Thérèse de Lisieux, le 18 octobre 2015, Louis et Zélie Martin

Bx Louis et Marie Quattrocchi

Un couple choisi

Louis Beltrame Quattrocchi et Marie Corsini sont respectivement nés en 1884 et 1880. À partir de 1889, Louis réside chez un oncle et une tante sans enfants. Il déménage avec eux à Rome; il y habitera jusqu’à la fin de sa vie. C’est là qu’il connaît sa future femme pendant ses études de droit.

Marie vient de Florence. Elle reçoit une excellente éducation chrétienne de ses parents. Elle poursuit des études en commerce, en comptabilité et en littérature. En 1901, elle rencontre Louis, mais ils se révèleront leur amour trois ans plus tard. Ils se marient le 25 novembre 1905 à la basilique Sainte-Marie-Majeure. Louis a 25 ans, Marie 21 ans. Ils se choisissent pour la vie, reconnaissant l’autre comme envoyé par Dieu pour vivre cette vocation à l’amour qu’est le mariage.

Au retour de leur voyage de noces, les époux s’installent dans la maison Corsini. Louis exerce son métier d’avocat, Marie s’occupe de la maison et des quatre enfants qui vont y naître. Trois d’entre eux deviendront religieux : Philippe (1906), prêtre, Marie-Cécile, moniale bénédictine (1908-1993), César, moine trappiste (1909). 

La quatrième grossesse fut plus compliquée. Les médecins annoncent à Marie qu’elle ne survivra pas si elle garde l’enfant qui, selon eux, n’a aucune chance de survivre. Un gynécologue conseille l’avortement. Marie et Louis refusent et s’abandonnent à la Providence. Finalement, Henriette voit le jour le 6 avril 1914 et la vie de Marie ne sera pas en danger. Mais cet événement d’abandon en Dieu sera pour eux une grande expérience spirituelle. Henriette choisira de ne pas se marier et de vivre une consécration laïque. Les deux prêtres et leur sœur Henriette participeront à la béatification de leurs parents, le 21 octobre 2001.

Un couple eucharistique

Le secret de ce couple est leur amour de l’eucharistie. Ils décident ensemble de ne jamais manquer la messe quotidienne. C’est là qu’ils se ressourcent, gardant ainsi allumée la lampe de la foi qui éclairera leur quotidien. Jean-Paul II a souligné cette vie de foi dans son homélie de la béatification du couple italien qui s’est tenue dans la basilique Saint-Pierre devant plus de 60 000 personnes :

En puisant à la Parole de Dieu et au témoignage des saints, les bienheureux époux ont vécu une vie ordinaire de façon extraordinaire. Parmi les joies et les soucis d’une famille normale, ils ont su réaliser une existence extraordinairement riche de spiritualité. Au centre, l’Eucharistie quotidienne, à laquelle s’ajoutait la dévotion filiale à la Vierge Marie, invoquée avec le Rosaire récité chaque soir, et la référence à de sages conseillers spirituels. Ils ont ainsi su accompagner leurs enfants dans le discernement de leur vocation, en les entraînant à évaluer chaque chose « du toit vers le haut », comme ils aimaient souvent à le souligner de façon amicale. 

Ils transmettront à leurs enfants cette lumière du Christ dans la joie et la sérénité, comme en témoigne Henriette à la presse, au moment de la béatification de ses parents: 

Pour la vocation de mes frères et de ma sœur, il n’y a eu aucune forme de pression à la maison. Le climat de sérénité et d’amour que l’on respirait à la maison nous a tous conduits vers le Seigneur. Entre nous, enfants, les occasions de disputes ne manquaient pas, mais même les difficultés quotidiennes se résolvaient de manière harmonieuse. De ma famille, je me souviens les sorties en montagne, près de Rome, lorsque mes frères ont skié pour la première fois.

L’engagement chrétien

Les époux Quattrocchi s’engageront dans différents mouvements catholiques italiens : Action catholique, scoutisme, mouvements pour les familles, accompagnateurs des malades à Lourdes. Ils fondent ensemble des mouvements de jeunes dans les quartiers défavorisés de Rome. Durant la guerre d’Ethiopie et la Seconde Guerre mondiale, Marie s’engage comme infirmière volontaire de la Croix Rouge. Leur maison sera transformée en un centre pour les réfugiés. 

Louis meurt le 9 novembre 1951, suite à un infarctus du myocarde. On a dit de lui qu’en tant qu’époux et père il a toujours cherché à approfondir la présence de Dieu. Il a acquis une maturité spirituelle qui lui a permis de rayonner autour de lui. 

Marie meurt en août 1965, à l’âge de 81 ans, après quatorze années de veuvage et de fidélité à l’Eucharistie. Femme de convictions, elle a publié plusieurs livres ou opuscules inspirés de son expérience d’épouse et de mère, dont Le Livre des jeunes (1926), Nos malades(1937), La vraie maman(1940), Fleurs écloses(1943), La vie avec des fils(1952), Radiographie d’un mariage(1953). Elle écrit ces lignes quelques années après la mort de son mari :

Il me fut dit : « Tu le sentiras proche; il sera comme avant et plus qu’avant ton appui et ton guide. » Je ne sentais rien les premiers jours, sinon l’anéantissement d’une douleur sans larmes. Peu à peu, je l’ai senti toujours davantage. Maintenant, il m’accompagne surtout dans la prière — à la communion — devant l’autel. Il se révèle donc à moi en Dieu. En ce Dieu qu’il s’est dit « prêt » à rencontrer — peut-être pressentant la fin prochaine.

En béatifiant ce couple chrétien en 2001, dans le cadre des célébrations du 20e anniversaire de l'exhortation apostolique Familiaris Consortio, l’Église montre que la sainteté n’est pas le monopole des personnes consacrées. Elle affirme que la vie de couple et de famille est un chemin de sainteté, que le sacrement de mariage n’est pas seulement donné à la célébration du mariage mais qu’il accompagne les époux tout au long de leur existence.

Durant son homélie, Jean-Paul II invitait les couples et les familles à ne pas désespérer, comme Louis et Marie Quattrocchi, dont la vie ne fut pas toujours facile : « Très chers époux, ne vous laissez jamais vaincre par le découragement : la grâce du sacrement vous soutient et vous aide à élever sans cesse les bras vers le ciel. » 

Tiré de la nouvelle édition Les saints, ces fous admirables, Novalis/Béatitudes, p. 313-316. 

Pour aller plus loin: Prier en couple et en famille (Parole et Silence).

L'espérance: de l'Avent à Noël
(École de prière 74) Une expérience de vie et d'am...

Sur le même sujet:

 

abonnez vous blog v2 down

Me suivre sur Twitter…

Sélection au hasard

Jacques Gauthier
4 juin 2013
Le blogue de Jacques Gauthier
Regardons nos agendas. Tout va tellement vite aujo...
2898 lectures
Jacques Gauthier
30 mars 2017
Le blogue de Jacques Gauthier
Quand mes deux petites-filles sont à la maison, il...
1376 lectures
Jacques Gauthier
13 mars 2013
Le blogue de Jacques Gauthier
L'élection d'un pape, c'est comme la prière, une i...
3485 lectures
Jacques Gauthier
4 avril 2013
Le blogue de Jacques Gauthier
Depuis ce matin-là Depuis ce matin-là, au sol...
2503 lectures
Jacques Gauthier
17 mars 2013
Le blogue de Jacques Gauthier
Ma chère fille,J'ai reçu ton courriel ce matin, 17...
3324 lectures