Croire ou ne pas croire en Dieu

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours eu conscience de la réalité de Dieu. Je ne peux pas faire fi de cette expérience qui est le fondement de ma vie : il y a quelqu’un plutôt que rien. Le fait de croire en lui me rend heureux. Si Dieu ne sert à rien, par contre, ça change tout. Certes, il est possible de vivre une vie pleine et heureuse sans Dieu. Chaque personne a ses raisons de croire en lui ou pas, et nul besoin de tourner le croyant ou l’incroyant en dérision pour justifier sa position.

Un acte de foi et d’amour

Pascal parle de la foi comme d’un pari. Nous ne pouvons pas posséder Dieu comme si nous l’avions dans notre poche, encore moins l’enfermer dans une boîte. Il nous échappe sans cesse au foyer de notre conscience, mais son élan de vie crée du sens. Lorsqu’on dit qu’on croit en Dieu, il importe de toujours spécifier à quel Dieu on se réfère, de quel livre sacré on s’inspire et, surtout, comment on l’interprète. Le dialogue avec les autres sera fécond si on connaît bien sa tradition et si on reconnaît qu’on ne sait pas tout de Dieu.

La foi et l’amour sont les moyens par excellence pour connaître Dieu. Ils relèvent de l’expérience, de la prière, d’un désir de plénitude. On connaît Dieu surtout en reconnaissant humblement qu’on ne sait pas grand-chose de son mystère, tant notre raison est limitée. La foi elle-même est en quête d’intelligence, d’où l’importance de la théologie.

Dieu est discret et secret, comme l’amour et la vie. Ce Dieu voilé que la science approche et que la parole balbutie, ce Dieu caché révélé par le Christ mort et ressuscité, plusieurs de nos contemporains le cherchent. Il n’existe qu’en se donnant, qu’en se répandant, qu’en étant miséricorde, comme Jésus l’a montré pour Thomas qui demandait à le voir pour croire. On touche Dieu par la foi et par l’amour, en se faisant proche de ceux et celles avec qui nous vivons.

Saint Thomas

La voie de l’Évangile

Dans son prologue (1, 1-18), l’évangéliste Jean nous place devant le mystère de l’homme Jésus : « Au commencement était le Verbe » (v. 1). En venant dans notre monde, certaines personnes l’ont reçu, d’autres non. Le mystère de sa divinité se cache à nos yeux. Nous le voyons dans sa chair fragile, rabbi solitaire avec la Samaritaine (4, 5-29) ou de nuit avec Nicodème (3, 1-21), parlant du don de Dieu, de l’eau jaillissante en vie éternelle, d’adorateurs en esprit et en vérité, de naître à nouveau par l’Esprit Saint. Il est le Messie, le miséricordieux, qui parle de Dieu aux foules, accomplit des miracles en son nom. Ce sont les bergers, les pécheurs, les publicains, les pauvres, les exclus qui vont le reconnaître comme Fils de Dieu parce qu’ils l’aiment avec un cœur pur et méditent sa Parole avec un esprit nouveau.

Le véritable dilemme des Juifs du temps de Jésus, comme de chacun et chacune de nous, est celui-ci : croire ou ne pas croire que Jésus est le Dieu fait homme, le Sauveur du monde, le Ressuscité qui a vaincu la mort. Tel est l’enjeu central de notre foi et de notre vie. Nul besoin de rechercher des signes et des prodiges, la foi en ses paroles suffit, car elles sont esprit et vie : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 68).

Ce texte est paru dans Prions en Église Canada, 12 avril 2015, p. 36-37.
Pour aller plus loin, Petit dictionnaire de Dieu (Novalis), Dieu caché (Parole et Silence), L'aventure de la foi: quinze variations (Parole et Silence).

16 avril: Benoît-Joseph Labre, le saint marcheur
Cardinal Jean-Claude Turcotte (1936-2015), témoin ...

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