La résurrection dans nos vies

Pâques, "ce jour de fête entre les fêtes" se prolonge durant toute l'octave pascale. Selon la conception antique du temps pascal, les 50 jours qui vont du dimanche de la Résurrection au dimanche de la Pentecôte sont considérés comme un seul jour de fête, comme un "grand Dimanche". 

La foi chrétienne n’est pas d’abord une doctrine, mais une rencontre avec le Christ ressuscité. Tout part de la mort-résurrection du Christ et tout nous y ramène. C’est le cœur de notre foi. Saint Paul est catégorique sur ce point « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi ne mène à rien. » (1 Co 15, 17) Quel est le sens de la résurrection dans nos vies chrétiennes d’aujourd’hui? Peut-elle inspirer nos contemporains en quête de sens, d’espérance et de joie? Oui, car c’est justement ce qu’apporte la résurrection : du sens, de l’espérance, de la joie.

Le sens de la vie

En mourant, le Christ a détruit notre mort; en ressuscitant, il nous a rendu la vie. Cette Bonne Nouvelle transcende toutes les idéologies et donne un sens à notre vie et à notre mort. Notre foi au Christ ressuscité est gage de notre propre résurrection. Nous ne vivons pas et nous ne mourrons pas pour nous-mêmes, mais pour le Christ qui a donné sa vie. Face à la mort, il n’y a que Lui. Thérèse de Lisieux le savait : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ».

Le désir d’aimer, si ancré dans nos quêtes de sens, est comblé en Jésus et son mystère pascal. Si nous nous ouvrons à son amour, il nous accueille comme le bon larron : «Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis» (Lc 23, 43). Qu’importe où se trouve ce Paradis, l’essentiel c’est le «avec moi». Être avec Jésus commence aujourd’hui puisqu’il est vivant. « Je pars vous préparer une place. Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi; et là où je suis, vous serez aussi. » (Jean 14, 2-3)

La résurrection ne concerne pas seulement l’après-vie ; elle est déjà commencée en cette vie chez les baptisés. Dieu est en nous comme une semence qui germe dans notre humanité. À la mort, se réalisera la pleine révélation de la gloire divine en nous. Notre corps charnel deviendra un corps spirituel, glorieux. Comme notre corps se transforme ici-bas au long des âges tout en gardant son identité, il se transformera d’une manière nouvelle dans la résurrection du Christ.

L’espérance possible

Il n'y avait pas de caméras dans le tombeau de Jésus, cela dépasse le reportage. La résurrection de Jésus est une affaire de foi. Jésus est vivant, il a tué la mort et emporté nos sépultures dans sa gloire. L’espérance est désormais possible. Nous savons où nous allons et quelle espérance nous habite. Pâques : joie de lutter pour la vie avec Jésus; joie d’être uni éternellement avec le Père, le Fils et l’Esprit, car la mort n’est plus le dernier mot. Ici un seul est de mise, chanté à l’infini : Alléluia, Alléluia, Alléluia...

La résurrection de Jésus apparaît pour plusieurs comme un fait du passé, une célébration d’un souvenir qui ne les concerne pas vraiment. Pourtant, la résurrection est déjà à l’œuvre dans nos vies et elle nous aide à combattre les pulsions de mort par la vie même du Fils. « Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est son Fils. » (1 Jn 5, 11) Cette Bonne Nouvelle de l’Évangile colore la vie d’une espérance qui se traduit par des gestes d’accueil et de pardon vécus dans la liturgie et la mission. L’Église est appelée à être un immense lavement des pieds.

La joie pascale

La résurrection du Christ nous rend joyeux. Cette joie est fragile comme tout ce qui commence; une joie d’aube qui ne fait pas de bruit, une joie intérieure pleine de promesse, une joie mystique plus forte que la mort. « Joie, Joie, Joie, pleurs de joie », s’exclamait Pascal dans son Mémorial, « Dieu des vivants et non des morts ».

Cette joie chrétienne naît surtout de l’acceptation confiante de la croix qui reste toujours douloureuse et scandaleuse. Paradoxe d’unir ainsi souffrance et joie, Vendredi saint et Pâques. « Il s’agit de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en reproduisant en moi sa mort, dans l’espoir de parvenir, moi aussi, à ressusciter d’entre les morts.» (Ph 3, 10-11)

L’amour du Christ absorbe tout; sa résurrection se fraye un chemin à travers nos douleurs et nos imperfections. C’est par nos blessures et nos cassures que pénère la lumière du Christ et que s’infiltre sa joyeuse miséricorde qui nous relève d’entre les morts.

Depuis ce matin-là
Le Triduum pascal

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