La tempête apaisée

Il y a toute sorte de tempêtes dans nos vies personnelles, conjugales, familiales, ainsi que dans nos sociétés et nos églises. Par exemple, si on jette un regard extérieur sur le catholicisme québécois, en se fiant seulement aux sondages et aux statistiques, on peut dire que la barque Église prend l’eau. Nous sommes tentés de dire avec les disciples : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » (Mc 4, 38)

jesus calms tempest

 Un regard de foi voit plus loin ; il part de l’Évangile pour confronter l’Église aux paroles et aux gestes libérateurs de Jésus. Il est vrai que la tempête fait rage, mais Jésus est dedans la barque, et même s’il dort, il est là. N’est-ce pas l’essentiel, être avec Jésus ? C’est une question de foi et de confiance.

L’Église catholique québécoise, comme une grande partie de l’Église dans les pays développés, est affectée par la défection des fidèles et des jeunes qui ignorent son message, par la sécularisation de la société laïque qui se méfie des religions, par la perte du sens de Dieu et de la morale face à l’autonomie de la personne. Ajoutez à cela le scandale de la pédophilie, le vieillissement du clergé et des communautés religieuses, la bureaucratie excessive, le clivage entre traditionaliste et progressiste, il y a de quoi désespérer. Alors, on peut se demander si Jésus ne nous ferait pas le même reproche qu’à ses disciples qui voient la mer se déchaîner contre eux : « Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi ? » (Mc 4, 40)

Quand Marc écrit son évangile, la violente tempête de la persécution souffle contre les premiers chrétiens. Plusieurs sont emprisonnés à cause de leur foi et le Ressuscité ne semble rien faire, comme au temps où, fatigué, il dormait au fond de la barque. Le même appel à la confiance est lancé à eux comme à nous, le même défi de garder la foi vivante.

Jésus n’est pas endormi, il s’est réveillé d’entre les morts, il s’est levé pour vaincre la mort. Ressuscité, il marche avec nous dans la tourmente, malgré les vents contraires. Si le vent et la mer lui obéissaient quand il passait sur l’autre rive, combien plus maintenant exerce-t-il sa majesté et son universelle seigneurie quand nous passons nous aussi sur l’autre rive.

N’est-ce pas souvent au creux de nos faiblesses et de nos échecs que se déploie la puissance du Christ. Lui qui commandait à la mer a tremblé à Gethsémani. Ses larmes se mêlent aux nôtres pour nous dire que le cœur du Père dévoile toute sa grandeur dans nos fragilités accueillies comme une grâce.

En ce jour de la fête des pères, reposons-nous sur le cœur du Père, comme Jésus l’a fait durant sa vie terrestre. Notre Père céleste n’abandonne jamais ses enfants et il nous donne tout ce qu’il faut pour relever la tête et mener le bon combat de la justice et de l’amour.

Pour aller plus loin, Notre coeur n'était-il pas brûlant?

Saint Paul et la sagesse divine de la croix
L'encyclique Laudato si' du pape François

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