Marie, mère de l'Église (Vatican II)

Saint Jean présente Marie debout au pied de la croix. « Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. » (Jn 19, 25-26).

Jésus manifeste un amour total en donnant sa mère à l’apôtre Jean, et à travers lui à chacun de nous. L’amour de Marie est aussi grand puisqu’elle accepte de bon cœur cette maternité personnelle et universelle. Elle soutient l’Église par sa présence et sa prière, veille à la croissance du corps mystique de son Fils, guide ses enfants jusqu’au bonheur éternel. « D’un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères. » (Ac 1, 14).

Marie Mere Eglise

Mère de l’Église

Les textes du Concile Vatican II nous guident dans une juste compréhension de la Révélation du Christ pour le monde d’aujourd’hui. Ils ne sont pas une arrivée, mais un départ pour l’Église qui est toujours en marche. Le Concile n’a pas laissé un décret spécial sur Marie. Il a fait mieux en l’intégrant au cœur même du mystère du Christ et de l’Église; ce fut le chapitre huit de la Constitution dogmatique sur l’Église Lumen Gentium, promulguée le 21 novembre 1964. Pour la première fois dans l’histoire, un concile montrait les rapports étroits entre l’Église et Marie : « L’Église qui contemple la sainteté mystérieuse et imite la charité de Marie, l’Église, qui accomplit fidèlement la volonté du Père, devient mère, elle aussi, par l’accueil plein de foi qu’elle offre au Verbe de Dieu » (no 64). 

Le Concile ne propose pas un enseignement complet sur Marie, mais laisse les théologiens continuer leurs recherches sur celle qui « tient la place la plus élevée après le Christ, et en même temps la plus proche de nous » (no 54). Il nous présente Marie comme la femme de foi, intimement unie à son Fils, contribuant à nous engendrer en lui pour grandir avec lui. Le Concile emprunte les mots de saint Augustin : « Elle est vraiment Mère des membres du Christ… parce qu’elle a coopéré par sa charité à la naissance dans l’Église, des fidèles, qui sont les membres de ce Chef. Aussi est-elle encore saluée du nom de membre suréminent et tout à fait singulier de l’Église, de figure et de modèle admirable de l’Église dans la foi et dans la charité » (no 53). 

 Première de tous les sauvés, Marie est vue comme le prototype de tous les rachetés, le modèle originel de l’Église. C’est d’abord parce qu’elle est Mère de l’Église qu’elle en est le modèle. Elle a coopéré d’une manière unique à la rédemption, s’offrant pour nous, avec son Fils, à la croix. Mère du Rédempteur, elle est aussi notre mère dans l’ordre de la grâce et elle est un modèle de vertu pour toute la communauté :

« Cette maternité de Marie, elle dure sans cesse, dans l’économie de la grâce, depuis le consentement que sa foi lui fit donner à l’Annonciation et qu’elle maintint sans hésitation sous la croix, jusqu’à l’accession de tous les élus à la gloire éternelle. En effet, élevée au ciel, elle n’a pas déposé cette fonction salvifique, mais elle continue, par son intercession, à nous obtenir des grâces en vue de notre salut éternel. Dans sa charité maternelle, elle s’occupe, jusqu’à ce qu’ils soient parvenus à la félicité de la patrie, des frères de son Fils qui sont encore des pèlerins et qui sont en butte aux dangers et aux difficultés et au misères. Aussi la bienheureuse Vierge est-elle invoquée dans l’Église sous les titres d’Avocate, d’Auxiliatrice, d’Aide et de Médiatrice. Tout cela doit pourtant s’entendre de manière qu’on n’enlève rien à la dignité et à l’action du Christ, seul Médiateur » (no 62). 

Le culte marial se déploie dans le temps et l’espace depuis la naissance de l’Église jusqu’à nos jours. Après avoir promulgué la Constitution sur l’Église, Paul VI déclara Marie, Mère de l’Église, pour le réconfort de tout le peuple de Dieu : « Nous voulons que, dorénavant, avec un tel titre très doux, la Vierge soit encore plus honorée et invoquée par tout le peuple chrétien. » Le 11 février 2018, le pape François demandait que l’Église célèbre la mémoire de ce vocable le lundi après la Pentecôte, jour où l’Église descendit sur Marie et les Douze au Cénacle, marquant ainsi les débuts de l’Église. 

Quand l’Esprit Saint trouve Marie dans une âme, « sanctuaire de l’Esprit Saint » (1 Co 6, 19), il y vole, nous rappelle Louis-Marie Grignon de Montfort. Il la rend docile à son souffle, fidèle à ses inspirations, visitant les recoins de son cœur pour que Jésus et Marie y règnent en maître. Tels sont les enfants de Dieu et de Marie. « Tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu » (Rm 8, 14). Ce qui faisait dire au saint curé d’Ars : « Une âme qui a le Saint-Esprit ne s’ennuie jamais en la présence de Dieu, son cœur transpire d’amour ».

Cet article est le 4e entretien de la neuvaine à Marie que j'ai donnée au Sanctuaire Marie-Reine-des-Coeurs de Chertsey du 14 au 22 août 2021. En plus de Vatican II, je parle aussi de Thérèse de Lisieux et du sourire de Marie.

Voir la liste des vidéos de la neuvaine dans ma chaîne YouTube

Lire l'article précédent: Marie dans l'histoire et la liturgie

Pour aller plus loin: Les saints, ces fous admirables (Béatitudes/Novalis)
Jésus raconté par ses proches (Novalis / Parole et Silence)

Pour voir les autres articles du blogue sur la Vierge Marie, cliquez ici

Quatrième entretien de la neuvaine au Sanctuaire Marie-Reine-des-Coeurs de Chertsey: Marie dans Vatican II, et présentation de Thérèse de Lisieux.



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Marie dans l'histoire et la liturgie

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