Le blogue de Jacques Gauthier

Discerner la volonté de Dieu avec Saint Charles de Foucauld

Le dominicain Yves Congar affirmait qu’au début de l’ère atomique, Dieu avait allumé deux phares : Thérèse de Lisieux et Charles de Foucauld. La postérité spirituelle de ces deux témoins de l’amour de Dieu se perpétue jusqu’à nos jours. Ils se rejoignent sur plus d’un point : retour à l’Évangile, imitation de Jésus Christ, humilité et simplicité, réalisme spirituel, prière d’abandon et de confiance, souci des incroyants et des plus petits, vie missionnaire au cœur de l’Église, vocation à l’amour universel.

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Dieu a pris la première place en l’âme de Charles de Foucauld dès que celui-ci a cru en son amour. « Je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui », écrit-il le 14 août 1901 à son ami Henry de Castries. Ne vivre que pour Dieu, voilà le pôle de sa vie, la pulsation de son amour, l’horizon de son action, le but de sa prière. Il s’engage à tout donner à Dieu, à s’unir à lui, en le plaçant au sommet de son existence. Il veut répondre à ses appels, entendre sa voix, accepter l’imprévu, comme le jeune Samuel : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute »(1 Samuel 3, 9).

Ne chercher que Dieu seul

La grâce de sa conversion l’engagea à ne chercher que Dieu seul, à se laisser conduire par lui dans la prière, à discerner sa volonté pour l’accomplir, qui est un élément central de sa spiritualité. Il l’atteste éloquemment dans sa célèbre prière d’abandon au Père : « Pourvu que ta volonté se fasse en moi, en toutes tes créatures, je ne désire rien d’autre, mon Dieu. » Il tend à abolir toute distance entre sa volonté et celle de Dieu. Ce désir de conformité à Dieu le rend disponible à tout, pour mieux ressembler à Jésus qui n’était que « oui » au Père. Il écrit à Mgr Guérin le 17 septembre 1905 : "Le Bon Dieu, dont je veux faire uniquement la volonté, montrera à l’heure venue ce qu’il faut faire […] Je ne vois qu’un bien en moi : c’est la volonté constante de faire ce qui plaît le plus au bon Dieu, toujours et en tout."

Comme tous les saints, frère Charles souhaite avant tout discerner quelle est la volonté de Dieu, c’est-à-dire « ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait » (Romains 12, 2). Son grand désir, à l’exemple de Jésus, sera toujours de chercher à faire la volonté du Père, comme l’indique la prière du Notre Père : « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ».

« Comment savoir si une chose vient de l’Esprit Saint ou si elle a son origine dans l’esprit du monde ou dans l’esprit du diable ? », se demande le pape François dans son exhortation sur la sainteté Gaudete et Exsultate. Le seul moyen, répond-il, c’est le discernement, qui n’est pas seulement un bon raisonnement, mais aussi un don qu’il faut demander à l’Esprit Saint. Cette capacité du discernement se développe par la prière, la réflexion, la lecture, l’accompagnement spirituel, la fréquentation des écrits des saints, la médiation des sacrements de l’Église.

Jésus disait : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux » (Matthieu 7, 21). Comment découvrir la volonté du Père, qui se révèle dans le moment présent, à travers les événements de la vie et les témoins qu’il met sur la route ? Frère Charles nous donne quelques pistes, qu’il emprunte à Jean de la Croix, le mystique qu’il a le plus lu avec Thérèse d’Avila, transcrivant près d’un millier de pages de leurs œuvres.

D’abord, il faut vérifier les signes de ce que nous pensons être de Dieu à la lumière de l’Évangile. Puis, s’en remettre à un autre pour nous aider à discerner ce que Dieu veut, si possible son accompagnateur spirituel. Ensuite, faire un acte de foi à ses directives, comme si on obéissait à Dieu, en demeurant dans l’humilité et en fixant notre regard sur Jésus en croix. Il y a enfin les fruits de l’Esprit, ces précieux indices qui attestent que nous accomplissons la volonté de Dieu : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. En ces domaines, la Loi n’intervient pas » (Galates 5, 22-23).

Charles de Foucauld s’est aussi inspiré d’Ignace de Loyola et de ses Exercices spirituels, dont le but est de trouver la volonté divine dans la disposition de sa vie en scrutant ses désirs, ses sentiments, ses passions. Pensons à la retraite de discernement qu’il a faite au centre spirituel jésuite à Clamart en 1889 et qu’il considère comme un moment crucial dans son cheminement. Il découvre que la volonté de Dieu dans sa vie passe par l’imitation de Jésus à Nazareth. Ce qui le conduira à la Trappe, à Nazareth, au désert, avec la bénédiction de ses supérieurs et de son père spirituel, à qui il obéit en tout temps, par amour du Christ.

Pour en savoir plus: Saint Charles de Foucauld, passionné de Dieu (Emmanuel/Novalis).

Lire les autres articles du blogue sur Charles de Foucauld, cliquez ici.

Deuxième vidéo, d'une série de huit entretiens, de la retraite avec saint Charles de Foucauld dans ma chaîne YouTube:

Vouloir aimer avec Charles de Foucauld
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samedi 26 novembre 2022

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