Le blogue de Jacques Gauthier

Thérèse de Lisieux, source d'inspiration pour les parents

Le pape François a voulu souligner en 2021-2022 le cinquième anniversaire de l’exhortation apostolique Amoris Laetitia sur l'amour dans la famille. Il a ainsi décrété une année de la famille qui se termine à Rome, du 22 au 26 juin 2022, par la 10e Rencontre mondiale des familles, dont le thème est: "L'amour familial: vocation et chemin de sainteté".  

L'amour au coeur de la famille ne se replie pas sur lui-même, mais s’ouvre sur l’autre. Il est un chemin de sainteté, à emprunter chaque jour dans la foi et la confiance. Idéalement, la famille a pour mission de former des êtres libres qui ont un sens critique et qui font tout pour que la dignité de la personne soit sauvegardée. C’est une éducation à l’amour où le rapport avec les autres ne se situe pas dans la domination, mais dans le service, à l’exemple de Jésus qui lava les pieds de ses Apôtres.

Thérèse de Lisieux (1873-1897) a réalisé ce chemin de sainteté avec ses novices en les éveillant à la liberté. Je lui ai consacré un livre en 2021 qui peut soutenir les familles dans leur vocation à l'amour: Thérèse de Lisieux, parole d'espérance pour les familles (Béatitudes).  

Therese Familles

Maîtresse des novices

Thérèse n’a rien écrit de spécifique sur les familles. Elle leur propose tout de même une parole d’espérance qui lui vient de son expérience au sein de sa propre famille, de son rôle d’éducatrice en tant que maîtresse des novices, de sa découverte de la petite voie de confiance et de sainteté offerte à tous. Elle peut être une source d'inspiration pour les parents. 

Vers la fin de sa vie, la jeune carmélite s’occupe de cinq novices, dont quatre sont ses aînées. Elle se révèle une excellente pédagogue qui peut stimuler les parents dans leur mission d’éducateurs. Elle sait créer au noviciat du carmel de Lisieux un véritable climat familial, une atmosphère de confiance, d’entraide mutuelle entre les novices, d’écoute et de liberté intérieure. 

Thérèse remarque ce que chaque parent constate très rapidement : il n’y a pas deux enfants semblables, et la façon de s’y prendre avec l’un n’est pas la même pour l’autre. L’éducation implique plus qu’une transmission de savoirs. Elle s’inscrit dans un projet qui vise l’apprentissage de la liberté, l’épanouissement des personnes, la capacité de vivre en société. Thérèse reconnaît qu’il ne sert à rien d’imposer ses vues aux autres, puisque chacun a son propre cheminement. Donc, il est inutile de vouloir que l’autre emprunte le même chemin que soi.

L’apprentissage de la liberté

Thérèse a un bon sens inné qui lui vient de sa nature de Normande. Ferme et vraie, elle ne laisse rien passer, mais elle fait tout dans la miséricorde, au nom de la liberté et de la vérité. Elle rapporte une parole du livre des Proverbes : « Le frère qui est aidé par son frère est comme une ville fortifiée. » (Pr 18, 19) Il y a de ces moments dans les familles où l’on doit faire la vérité sur soi et les autres. C’est un devoir de charité que nous devons remplir avec beaucoup d’humilité, au coeur même des crises et des situations difficiles que nous traversons.

Thérèse  écrit dans son Histoire d’une âme que Dieu se sert de « ses créatures comme d’instruments pour faire son œuvre dans les âmes ». Elle emprunte l’image de la toile (l’âme) qui ne se plaint pas d’être retouchée par le pinceau (l’éducateur) puisque c’est l’artiste (Dieu) qui le dirige et donne la beauté. Sommes-nous conscients que Dieu agit parfois par notre intermédiaire?

Les enfants ne nous appartiennent pas, ils nous sont confiés. Comme époux, père et grand-père, chaque jour je fais l’expérience que l’amour est fécond quand il se donne. J'en témoigne dans mon autobiographie spirituelle, En sa présence, à paraître en septembre 2022 aux éditions Artège et Novalis. 

Je ne serai jamais à la hauteur de cette grande mission de parent avec mon épouse, mais comme Thérèse, je m’en remets à la miséricorde du Seigneur, disant avec elle : « Je suis un petit pinceau que Jésus a choisi pour peindre son image dans les âmes que vous m’avez confiées. » (Histoire d’une âme).

Le dépassement qu’exige l’éducation des enfants ne s’accorde pas toujours avec l’appétit de jouissance personnelle. Il ne s’agit pas d’être fusionné à l’enfant, car il y a le risque de le contrôler selon nos besoins, mais d’être en communion avec lui dans le respect de son autonomie et de sa différence. La cellule familiale devient alors un lieu de révélation de soi et de Dieu.

Pour aller plus loin: Thérèse de Lisieux. Parole d'espérance pour les familles (Béatitudes).

À paraître le 15 juillet 2022: Thérèse Martin, un fabuleux destin. Éditions Première Partie, 175 pages.

Lire aussi les autres articles du blogue sur Thérèse: cliquez ici
et sur le thème de la famille: cliquez ici.

Ma vidéo de 16 minutes sur la famille et l'éducation à l'amour dans ma chaîne YouTube.

 

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