Le blogue de Jacques Gauthier

11 février: Journée mondiale des malades

Mains malade

Jean-Paul II a institué le 11 février Journée mondiale des malades. C'est également la fête de Notre Dame de Lourdes. Cette Journée des malades me rappelle Blandine Leduc, décédée un matin d'avril à l'âge de 93 ans. Blandine vivait dans un centre pour personnes âgées de Gatineau et n’avait pas d’enfant. Mon épouse et moi lui rendions visite régulièrement et lui apportions des friandises. « Je suis vieille, mais j’ai tout mon génie », aimait-elle répéter. À ses funérailles, dans l’église de Thurso, c’est elle qui nous visitait par ce beau mystère de la communion des saints. Nous avions si souvent prié avec elle. Que de fois n’a-t-elle pas récité son chapelet aux intentions des souffrants de la terre! À sa façon, elle portait le monde. Visiter un malade, rencontrer Jésus Dans ce monde trop souvent individualiste, il y a ici et là des équipes de bénévoles qui visitent les malades et les personnes...

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Ma rencontre avec Marthe Robin

Marthe Robin

Le 7 novembre 2014, le pape François autorisait la Congrégation pour la Cause des Saints à promulguer un décret reconnaissant l'héroïcité des vertus de Marthe Robin (1902-1981). Cette laïque stigmatisée, fondatrice des Foyers de Charité, est maintenant déclarée "vénérable", un pas important vers la béatification. Je vous partage ma rencontre avec Marthe qui a eu lieu le 5 ou 6 septembre 1973, telle que je le relate dans mon carnet de jeûne chrétien: Se purifier pour renaître (Presses de la Renaissance). C'était sûrement un mercredi ou un jeudi, les seules journées où elle recevait les retraitants dans sa chambre. Je m'étais inscrit à une retraite donnée par le Père Finet au Foyer de Charité de Châteauneuf-de-Galaure. Je vivais alors à l’Arche de Jean Vanier et j’étais attiré par la vie monastique. Je me souviens très bien de la maison toute simple où Marthe est née et où l’on entrait par la cuisine. Je...

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L'épreuve et la foi

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Vous arrive-t-il de ne rien ressentir dans la foi, d’avoir l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose avec Dieu, qu’il n’entend pas les prières, qu’il semble loin et indifférent, bref, qu’avoir la foi ne donne rien ? Êtes-vous assaillis par l’ennui, le doute, la fatigue, la routine, le désespoir ? C’est alors que commence la vraie foi, celle que l’on ne se donne pas, celle sur laquelle on bute quand arrivent toutes sortes d’épreuves, « car l’épreuve, qui vérifie la qualité de votre foi, produit en vous la persévérance » (Jacques 1, 3). À l'exemple du juste Job, qui n’a pas déjà dit devant la maladie, le deuil, l'injustice, l'incompréhension, l'épreuve : « Pourquoi Dieu n’intervient-il pas ? » Certes, il peut tout, sauf enlever notre liberté, puisque la personne est libre par essence. Le « Je Suis » nous a créés à son image, libres. C’est peut-être là le drame, notre...

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Le fabuleux destin de Lucie

photo Lucie

La vie est un mystère qui nous échappe, mais l'amour permet de l'accueillir jusqu'au bout, de la naissance à la mort. Daniel et Lise Lanoie en témoignent dans un article de la revue de l'Église de Saint-Hyacinthe, L'Envoi, (novembre-décembre 2013, p. 8-9). Daniel et Lise ont déjà deux enfants lorsque naît Lucie le 24 janvier 1979. On l'hospitalise à l'âge de trois mois et on lui découvre de nombreux handicaps : microcéphalie, scoliose, surdité partielle, déficience intellectuelle profonde. Les parents se retrouvent autour d’une table multidisciplinaire avec un neurologue, un psychologue, des médecins, une travailleuse  sociale, pour se faire dire que  leur fille a une espérance de vie d'une dizaine d'années. L’équipe tente de les convaincre de la placer en institution, car elle va nécessiter beaucoup de soins et qu'il est très difficle pour un couple de traverser cette épreuve. Leur décision est sans équivoque. "Nous choisissons de faire confiance à la vie et l’amour...

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L'euthanasie et le dur labeur de vivre

soins
Grand papa Bernier

Personne n’aime souffrir et tout le monde souhaite mourir dans la dignité. Pour la personne gravement malade, il y a des jours où rester en vie devient un dur labeur. Il est alors tentant de dire « non » au terrible devoir de vivre. Quand le personnel médical n’arrive pas à trouver le bon dosage de médicaments, quand le malade concentre toute son énergie à se survivre, à retrouver son identité, je peux comprendre qu’on pense à l’euthanasie. Il s’agit de ma liberté, dit-on, mais à quel prix? Une pente glissante À ce jour, trois pays européens et deux États américains seulement ont légalisé l’euthanasie. On n’ouvre pas impunément cette boîte de Pandore sans de possibles dérives, comme on le voit actuellement en Belgique. On rapporte des décès par euthanasie sans la demande ou le consentement du patient. Le 12 décembre 2013, une nouvelle étape a été franchie avec le vote...

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L'un de la Trinité a souffert



Le Père s’est compromis en son Fils qui a partagé notre douleur et notre histoire. Il a risqué notre humanité. Mais peut-on dire que Dieu a souffert et qu’il souffre encore? Oui, dans le Christ et les membres de son corps. Les conciles d’Éphèse et de Chalcédoine ont défini qu’il y a dans le Christ une seule personne, mais deux natures, humaine et divine, ce qu’on appelle l’union hypostatique. Pas facile à comprendre ce mystère, je l’avoue. Si le Dieu de la foi chrétienne souffre, ce n’est pas comme nous. Sa souffrance est liée à la nature humaine du Verbe fait chair qui culmine dans la résurrection, la victoire de la vie sur la mort. Dieu est heureux Même si Dieu souffre, il reste fondamentalement heureux. Sa compassion n’altère en rien sa joie profonde. La joie de Noël ne s’efface pas devant le scandale du Calvaire. Dieu est un Dieu de...

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Le tabou de l'avortement




28 janvier 1988. La Cour suprême du Canada légalise l'avortement. Vingt-cinq ans déjà et il n'y a pas lieu de célébrer, le sujet reste tabou. Aucune loi n'encadre cette pratique, car aucun gouvernement ne veut s'y frotter. L'avortement demeure un sujet hautement émotif qui divise les Canadiens. Chaque fois qu'il y a un projet de loi touchant le statut juridique du foetus, les oppositions sont farouches. C'est polarisé à l'extrême, comme si tout était réglé. Or, tel n'est pas le cas, à moins de jouer à l'autruche.  D'un côté du ring, on retrouve les militants des groupes «pro-choix» qui ont peur qu'on ouvre le débat, de l'autre côté, ceux de «pro-vie» qui veulent que ça change. Difficile de concilier le droit des femmes de disposer de leur corps et le droit de l’enfant à naître. Ne réveillons pas trop la conscience, de peur qu'elle nous empêche de dormir. Le cadre juridique actuel étouffe les questions...

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Dieu et la souffrance des innocents



Le cri du héros de Dostoïevski, Ivan Kamazarov, résume bien ce qui révoltait avec raison Albert Camus et plusieurs autres: « Si Dieu existe, comment peut-il tolérer la souffrance des enfants ainsi que celle des innocents »? Terrible question. Je poursuis avec ce texte ma réflexion entreprise au blogue précédent sur la question du mal. Que répondre devant le scandale de la souffrance des innocents qui met la vie au défi et nous place devant nos limites? Limites de la révolte de ceux qui tiennent Dieu pour absent devant le mal alors que son silence nous pousse à agir et ne valide aucunement les tenants d’un tel procès, soutient le philopophe et théologien Bertrand Vergely. Limites aussi de certains sages qui innocentent Dieu ou l’accablent en culpabilisant l’homme, alors que le mal est mal et que le bien est bien. Enfin, limites du désespoir qui paralysent la vie en empêchant d’aller au bout...

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