Le blogue de Jacques Gauthier

Polytechnique, un 6 décembre

Polytechnique

Quand arrive le 6 décembre, c’est inévitable, je me rappelle la tuerie de l’École polytechnique de Montréal. C’était en 1989, j'avais rencontré à la maison, quelques mois avant la tragédie, Annie St-Arneault, âgée de dix-huit ans, sœur de mon ami Serge, missionnaire d'Afrique. Elle sera tuée avec treize jeunes femmes par Marc Lépine, blessant quatorze autres personnes, avant de se suicider. Vingt-neuf ans plus tard, je me souviens. Chaque année, nous commémorons ce triste événement, pour ne pas oublier l'inoubliable? La blessure ne se referme pas aisément au cœur des amis et des familles qui sont proches des victimes. Ce devoir de mémoire est vital; il permet de ne pas oublier et il suscite des engagements comme celui d’un meilleur contrôle des armes à feu. Je dédie ce poème à mes quatorze sœurs à peine éteintes. L’étudiante du 6 décembrefixe l’horizon qui s’assombrit larmes de sang sur la neigele tireur marque le pasfauchant...

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Georgette Faniel, le don total

Mimi petit

Je vous présente en quelques lignes ma biographie spirituelle sur Georgette Faniel, surnommée affectueusement "Mimi" par sa famille et ses amis. Cette femme célibataire peu connue du grand public a vécu discrètement à Montréal de 1915 à 2002, dans le don total de sa personne au Christ. Il l’a appelée très jeune à le suivre, elle s’est laissée transformer dans son amour. Il lui parlait clairement dans son cœur, elle répondait en toute simplicité. Elle n’a voulu qu’aimer, et c’est en aimant qu’elle a fait face à la souffrance dès l’âge de 6 ans, désirant partager celle de Jésus. Recluse dans son loyer, elle s’est effacée pour que Dieu ait la première place, recevant ses secrets dans le silence intérieur de la prière. Ce qui ne l’a pas empêchée de servir les plus pauvres en préparant du linge pour eux. Elle a accueilli des gens d’horizons variés qui la consultaient et...

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La plaie de l'alliance

Sang

La croix se dresse sur la collinel'étrange douleur effleure les côtesmarée montante de l’angoisse abyssaledu corps entier foulé dans le pressoir Tu enfantes des âmes chaque jourgrain de blé mûri pour la moissonla meule du moulin tourne à l’enverschamp du monde jonché d’os  Tu laisses des paroles à la traînecailloux rougis sur notre route pour mieux retrouver ton nomton visage voilé au désert  La terre et le ciel réunisle temps et l’espace suspendustout le sang coagulé dans une larmesel du juste qui fait pencher la balance Le fil sur le point de se rompreau moindre cri à bras-le-corps prière qui exorcise le mal fige le corps perce le cœur La chair meurtrie dans la nuitn’en finit plus de vibrer de lumièresouffle de l’âme en partance du royaume inconnu de la soif Tu accueilles la plaie visible de l’alliancefeu qui consume le calice des fleursau centre habité de l’humble présenceblessure qui guérit en blessant de nouveau Pour aller plus loin: Georgette Faniel, le...

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Lettre du pape François sur les abus sexuels: dix attitudes

Pape Francois lavement des pieds

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Co 12,26). C’est ainsi que le pape François introduit sa lettre au peuple de Dieu, publiée le 20 août, moins d’une semaine après la publication du rapport accablant sur les cas d’abus sexuels de la part d’environ 300 prêtres de la Pennsylvanie entre les années 1950 et 2010. Rédigée dans l’urgence, la lettre est un véritable cri du cœur où le pape exprime sa douleur et sa honte, sa solidarité avec les victimes. L’objectif est de mobiliser toute l’Église catholique à mettre fin à une culture du silence et du secret qui favorise les abus sexuels, l’invitant à la prière, au jeûne et au repentir, appelant chacun à dénoncer tout abus. L’appel est à la transformation, à la solidarité et à l'humilité.  Voici dix attitudes que je dégage de ce bref document de François, qui est un programme pastoral à haute...

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8 mars: Jean de Dieu, l'ami des malades

Jean de Dieu

Lorsque j’étais enfant, le nom de Jean de Dieu évoquait pour moi l’asile de Montréal. Dire que quelqu’un était enfermé à Saint-Jean-de-Dieu signifiait quasiment qu’il était enterré vivant. Je ne savais pas que l’hôpital psychiatrique empruntait son nom à un homme qui fut bouleversé par la souffrance humaine et par l’amour de Dieu. Une vie orageuse Joao Ciudad naît au Portugal en 1495 de parents pauvres, mais chrétiens. Vers l’âge de huit ans, il quitte sa famille et est enlevé par un inconnu qui l’emmène en Espagne. Commence alors une vie errante où il sera tour à tour berger, paysan, soldat de Charles Quint — il est blessé en 1523 —, ouvrier agricole en Afrique, marchand ambulant de livres de piété à Gibraltar et libraire à Grenade en 1538. C’est dans la quarantaine que le Christ l’attend. Jean est bouleversé par le sermon de celui qui deviendra saint Jean d’Avila, que...

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Prière à Notre-Dame des Douleurs

Marie des douleurs

Marie, tu es mère jusqu’au bout.Tu n’abandonnes pas ton filsaux supplices de la croix et de la mort,mais tu enfantes avec lui l’humanité nouvelle.Tu es là, présente,silencieuse, compatissante,en écho à sa Passionet à nos souffrances. Ne délaisse pas tes enfants de la terrequi peinent sous le fardeau de l’épreuve. Je te contemple debout au pied de la Croix,et je t’accueille chez moi.La vie jaillit de ton âme traversée d’un glaive. Tu rends meilleur celui qui te regarde avec amour,pure grâce de te voir si belle en Dieu,si proche de nos douleurs. Ève nouvelle,pleinement mère au pied de nos croix,guide-nous toujours vers Jésuspour sa joie et la nôtre.    Jacques Gauthier, dans Prier la Parole, no 88, 15 septembre 2017, p. 10.

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La folie de la croix

Croix glorieuse 2

  En Jésus, Dieu se donne lui-même en sacrifice pour le salut de tous les humains. Il est l’Agneau sans tache qu’on immole sans pitié. Il nous lave par son sang, pardonne nos péchés, nous libère de la mort. Ce grand mystère de l’amour qui se donne librement s’appelle la Croix, fête que nous célébrons chaque année le 14 septembre, suivie par Notre-Dame des Douleurs. Puissance et sagesse de Dieu La croix du Christ est devenue un signe de bénédiction par sa mort et sa résurrection. C’est une fierté au cœur de tout baptisé, parce qu’elle manifeste le don de Dieu : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jean 3, 16). Il est sur ce bois le Fils qui, par sa croix, nous rend la vie. Son corps en croix est la plus belle parole d’amour jamais prononcée. C’est l’amour qui le tient, non...

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Que penser du karma?

Souffrance enfant

Une journaliste m'a demandé un jour de lui parler du karma. Elle entendait souvent ce mot dans les conversations et ne savait pas trop quoi en penser. En effet, ce concept est à la mode, comme les mots mantra et nirvana. Le karma se veut une tentative de réponse aux questions métaphysiques que nous nous posons : "Où étais-je avant de naître ? Pourquoi la souffrance et le mal? Y a-t-il quelque chose ou quelqu’un après la mort ?"  Un concept lié à la réincarnation Le karma est un élément clé de la philosophie bouddhiste. Il est complètement étranger à la tradition judéo-chrétienne. On ne retrouve pas ce terme dans la Bible. Le karma veut dire activité, action, les effets qui en découlent et qui nous attachent à l’existence. Le Bouddha enseigne qu’il faut se détacher de tout désir et de tout sentiment pour triompher du karma et ne plus craindre de renaître...

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Chemin de croix avec Jésus

Croix via dolorosa

1ère station. Jésus est condamné à mort Alors, il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu’il soit crucifié. (Mt 27, 26) Jésus, ta vie nul ne la prend, tu la donnes librement avec amour. Tu prends sur toi la condamnation qui pèse sur Barabbas, sur tout le genre humain. Tu es flagellé, couronné d’épines, livré pour être crucifié. Béni sois-tu de vaincre les ténèbres du mal par la puissance de ton humilité. 2ème  station. Jésus est chargé de sa croix Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. (Mt 16, 24) Jésus, tu es chargé de ta croix comme Isaac porta sur son dos le bois de son holocauste. Elle est l’arbre de vie qui nous ouvre les portes du Ciel. Nous marchons à ta suite sur les via dolorosa du...

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Sortons de nos tombeaux

Jesus et Lazare

Jésus aime se reposer à Béthanie chez son ami Lazare. Alerté par Marthe et Marie, il arrive trop tard, leur frère malade est déjà mort. Jésus dit à Marthe : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11, 25). Marthe reconnaît en Jésus le Messie, le Fils de Dieu. Ému, il pleure devant le tombeau de son ami. Lui qui est venu pour que nous ayons la vie en abondance demande qu’on enlève la pierre. Marthe hésite. Jésus l’interpelle de nouveau : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » (Jn 11, 40). Après une prière d’action de grâce à son Père, l’inimaginable se produit : le mort sort du tombeau les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d’un suaire. On cherche alors à faire mourir Jésus, car il accomplissait trop de...

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Mon coeur

coeur corde

 Ô mon cœurpourquoi cesser de battrele temps est suspendula corde se noueil fait si blanc dedans Le pouls s’affaiblitle souffle s’éteintl’âme s’écoules’échappe du canalvers la mort amoureuse Plus rien que le videséparé du corpssans connaissancepupilles dilatéesailleurs dans le silence À quoi joues-tu amipour me fausser compagnieaprès tant d’annéesde rires et de larmesma quête t’a épuisé Je ne bouge plustombe de la chaisechoc salutaireje reste sans voixtu bats de nouveau Le sang n’a fait qu’un tourje reviens de la merattiré en son centrebaiser froid sur les mainsattachées par un fil Tu t’emballais plus jeunepour sortir de la cagequand passait le printempstu t’es envolé à partme jetant par terre L’ambulance est arrivéeje gémis dans la prièrele nom m’ouvre au réelpain rompu de la douleuroubliée pour un instant J’ai couru sans t’écouterépris des échos du cielje te laisse reposersur la civière étroitepour mieux palpiter à l’aube Ô mon cœurcompagnon de routeje prendrai soin de toià présent je saistout peut s’arrêter  Pour aller plus loin:...

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Recevoir l'onction des malades

sacrements onction

Lorsque la maladie terrasse le corps, la vie devient plus précieuse, parce que fragile. Tout ralentit, les projets sont suspendus, nous sommes dépendants des autres, on fait confiance aux médecins, on se repose. Si nous sommes chrétiens, nous nous abandonnons au Père en toute confiance avec Jésus sur la croix. C’est ce qui m’est arrivé le mercredi des Cendres. J'ai perdu connaissance à la maison, incapable de bouger et de me relever. L'ambulance est arrivée. J'ai passé la nuit à l’hôpital de Gatineau, en isolement. J'ai tout offert au Seigneur et prié pour les malades. Le médecin a confirmé que j’avais contracté le virus de l’influenza. La semaine suivante, j’ai passé des examens à l’institut de cardiologie de Montréal. On m’a diagnostiqué une syncope, mais le cœur a tenu le coup. Je pense que nous avons encore un bon bout de chemin à marcher ensemble.   Durant ce temps, mon épouse...

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Saint Jean-Paul II, pape de la prière

Jean Paul II Voyage Jerusalem 2000

Jean-Paul II est « entré dans la vie » le samedi 2 avril 2005, veille du 2e dimanche de Pâques, qu’il avait institué dimanche de la Miséricorde divine. Il est mort comme il a vécu, en priant. Sa vie prend tout son sens à la lumière de la prière et de la miséricorde. Canonisé le 27 avril 2014 par le pape François, l’Église a fixé la date de sa mémoire liturgique le 22 octobre, jour de son intronisation à Rome comme pape le dimanche 22 octobre 1978. Un grand priant La méditation de la Bible et la contemplation du mystère de Dieu auront inspiré les vingt-six années de pontificat de Jean-Paul II. Sa capacité de recueillement étonnait et sa grande intériorité pacifiait. J’en fus témoin lors d’une audience avec lui, quelques jours après la béatification de son amie mère Teresa en octobre 2003. D’autres l’ont dit avant moi, ce Polonais était un bloc...

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L'accompagnement des mourants: récit d'un passage

Mon livre Récit d'un passage apporte une pierre de plus à l'importance de l’accompagnement des mourants. J'en témoigne avec émotion les 15 premières minutes à l'émission "Église en sortie" de Sel et Lumière du 10 juin 2016. J’ai montré dans ce récit de la mort de mon beau-père comment la famille peut accompagner un homme en fin de vie et comment celui-ci soutient ses proches à sa manière. La beauté de ce don mutuel révèle la profondeur de la relation humaine lorsqu’elle est assumée jusqu'à la fin, à la suite du Christ.  En ces temps où l'on parle beaucoup de mourir dans la dignité, de soins palliatifs, de compassion, d’euthanasie, de suicide assisté, prenons-nous vraiment le temps de vivre ce passage essentiel de la vie jusqu’au bout ? (Relire ma réflexion sur ce sujet si délicat dans ce billet du blogue: L'euthanasie et le dur labeur de vivre). Le temps que nous prenons pour accompagner...

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Une mort comme l'offrande du soir

Recit dun passage 1

Le journaliste Philippe Oswald a écrit une belle critique de mon livre Récit d'un passage. Elle est parue le 4 avril sur le site français Aleteia sous le titre: "Une mort comme l'offrande du soir". Je vous la partage intégralement en ce temps pascal où nous célébrons la victoire du Christ sur la mort. En christianisme, l'amour a toujours le dernier mot. Alors que le monde meurt de peur devant la mort, Jacques Gauthier témoigne que celle de Gilles, son beau-père aimé, fut pour lui et sa famille comme une nouvelle naissance. C’est le grand mystère de la mort qu’évoque Jacques Gauthier de façon à la fois réaliste et poétique en racontant celle de son beau-père Gilles. Près de dix ans ont passé depuis que c’est arrivé. Il aura sans doute fallu cette incubation pour que jaillisse ce récit d’une mort pleinement vécue comme un passage, la mort d’un chrétien dans une famille chrétienne,...

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3e dimanche de Carême C: Dieu est patient

Jesus et pharisiens

Dans l’évangile du 3e dimanche de Carême, on rapporte à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer et des dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé. Jésus rappelle que les catastrophes et les massacres n’arrivent pas parce que des gens sont moins bons que les autres. Ce ne sont pas des punitions de Dieu. « Pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem? » (Lc 13, 4) Puis, il durcit le ton : « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière » (Lc 13, 5). Jésus fait-il du chantage? Non. Lui qui est toujours tourné vers son Père miséricordieux veut notre bonheur. Il se désole de voir ses contemporains s’éloigner de Dieu pour leur malheur. Dans la Bible, le malheur suprême est de s’écarter de Dieu, source de vie et de bonheur. Alors les paroles de Jésus se font dures,...

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Livre: Récit d'un passage

Recit dun passage 1

Mon livre Récit d’un passage vient de paraître en France aux éditions Parole et Silence. Édité également par les éditions Novalis, il sera en librairie au Canada vers la fin avril. C’est une nouvelle édition de 190 pages de Fraternelle souvenance, ouvrage épuisé depuis quelques années. Pour vous donner une idée, voici le premier paragraphe du livre : « Il s’appelait Gilles, il était mon beau-père, et je l’aimais. Il est décédé à l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska le 10 novembre 2006 à l’âge de quatre-vingt-trois ans. Nous lui avons fermé les yeux pour que les nôtres s’ouvrent sur sa naissance. Il n’est pas parti, il est arrivé. Il n’est pas disparu, il est apparu dans le mystère qui l’a tant séduit. Il n’a pas été enlevé, mais accueilli. Il ne s’est pas éteint, mais allumé à un autre feu. Son enterrement fut un enciellement. Pourquoi parler au passé, qu’il soit composé ou simple ? Il s’appelle...

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Livre: Derniers fragments d'un long voyage

Christiane Singer

Les livres nous attendent. Nous pouvons les lire n'importe où et n'importe quand, même plusieurs années après leur parution. Ils n’ont pas de date de péremption.  Mon épouse a lu récemment le livre de Christiane Singer, Derniers fragments d’un long voyage. (Albin Michel, 2007). Elle m’a dit : « Lis cela ! Tu vas aimer ». En effet, j’ai beaucoup aimé. Je connaissais déjà cette auteure d’une vingtaine de livres, femme de lumière et de paix, amoureuse de la langue française qu'elle maîtrisait d'une manière remarquable. Elle écrit : « Et si j’ai occupé dans la vie de certains une place lumineuse, le sens de l’aventure est désormais de le remplir vous-mêmes : soyez ce qu’en moi vous aimez » (p. 32). Christiane Singer raconte les derniers moments de sa vie. Atteinte d’un cancer, le médecin lui confie qu’il ne lui reste plus que six mois à vivre. Ce livre est le carnet de bord de ses jours...

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École de prière (29) Accompagner Jésus dans son agonie

agonie a

Les évangélistes nous montrent souvent Jésus qui se retire à l'écart pour prier son Père. Un jour, ses apôtres lui ont demandé : « Seigneur, apprends-nous à prier » (Luc 11, 1). Il leur a répondu par le Notre Père. À Gethsémani, Jésus s’est de nouveau retiré pour prier. Cette fois, il prend Pierre, Jacques et Jean pour prier et veiller avec lui. Témoins de sa transfiguration, ils allaient découvrir alors sa souffrance. « Mon âme est triste à en mourir » (Matthieu 26, 38). Que ta volonté soit faite C’est avec frayeur que Jésus prie au jardin des Oliviers. La prière enseignée à ses apôtres sera son ultime recours. L’angoisse est tellement forte qu’il tombe la face contre terre. C’est ainsi qu’il prie, avec tout son corps, dans cette posture d’obéissance et d’abandon. « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi! Cependant, non pas comme je...

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École de prière (28) Prier à l'heure de l'épreuve

Priere bougie

Comment prier quand l'épreuve m'écrase? Dieu entend-il? Pourquoi ne m'exauce-t-il pas? Je souffre tellement, je n'ai plus d'énergie. Pourquoi tout ce mal? Prier me semble impossible... Qui n'a pas déjà dit ou entendu ces questions? Perdre la prière N’est-il pas prière, ce corps qui crie ainsi sa détresse? La personne qui souffre est seule avec sa prière, sa douleur, son cri, son désert, son carême. Elle avance, dépouillée, n’ayant comme armes et bagages que la foi et l’amour. Elle cherche à savoir, mais il n’y a rien à comprendre. Elle voudrait pleurer, mais il n’y a plus d’eau. Elle se sent seule, un peu comme Jésus au désert et au jardin des oliviers, sans mots, sans larmes. Elle pense qu’elle ne prie pas, mais en disant cela elle prie déjà. Celui qui perd sa vie la gagne, nous dit Jésus (cf. Jean 12, 25). Ainsi en est-il de la prière silencieuse;...

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