Le blogue de Jacques Gauthier

Mariage, eros et agapè

Couple

Au blogue précédent, intitulé Les noces de l’Époux, j’ai montré que l’amour de Dieu, tel que révélé dans la Bible, est une alliance aussi personnelle et profonde que l’époux avec son épouse. Approfondissons un peu plus cette alliance mystique qui est scellée au baptême et qui unit intimement les époux au Christ, particulièrement dans les sacrements de l’Eucharistie, de la réconciliation et du mariage. Une mutuelle sainteté En se donnant corps et âme, les époux s’inspirent du don que Jésus a fait tout au long de sa vie, et qu’il actualise chaque jour dans le rendez-vous d’amour qu’est l’Eucharistie. Mariage et Eucharistie sont des sacrements de l’alliance centrés sur le don du corps : « Ceci est mon corps… ».  Corps donné, corps reçu, dans l’amour conjugal comme à la messe, c’est toujours communier au Christ. Nous devenons unique hostie avec lui, par lui et en lui. L’amour conjugal devient un cantique...

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9 nov: Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906)

Elisabeth de la Trinite

Tant de gens aujourd'hui cherchent Dieu au-dehors d'eux-mêmes. La jeune Élisabeth l'a trouvé tout au fond de son âme; telle fut sa joie. Elle a trouvé un sens à son existence en vivant en présence de la Trinité, qu’elle appelait ses Trois, à l’intérieur d’elle-même. Elle s’en ouvre au chanoine Angles alors qu’elle n’a que vingt ans. « C’est si bon, cette présence de Dieu! C’est là, tout au fond, dans le Ciel de mon âme, que j’aime le trouver puisqu’Il ne me quitte jamais. “Dieu en moi, moi en Lui”, oh! c’est ma vie!… J’aime tant ce mystère de la Sainte Trinité, c’est un abîme dans lequel je me perds." (Les textes d'Élisabeth de la Trinité sont tirés des Oeuvres complètes, Cerf, 1991). Musicienne de Jésus Née à Avord près de Bourges le 18 juillet 1880, Élisabeth Catez a une enfance joyeuse. Elle se sent appelée par l’amour de Dieu dès l’âge de...

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L'unité de la Trinité

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Elisabeth de la Trinite

Chaque dimanche après la Pentecôte les catholiques célèbrent la Sainte Trinité. Ce mot "Trinité" n'est pas employé dans la Bible, bien qu'on parle du Père, du Fils et de l'Esprit. Le théologien Tertullien crée ce mot à la fin du 2e siècle, qui suggère le pluriel (tri) et l'unité (unitas). Il est le fruit de la réflexion ecclésiale de presque deux siècles sur les activités différentes des trois personnes divines qu'elles exercent dans l'unité et la communion.  Dieu est unique mais il n'est pas seul. Jésus le révèle comme un Père plein de tendresse et de miséricorde qui prend plaisir à pardonner. Il envoie son Fils qui nous communique l'Esprit. La Trinité n’existe qu’en se donnant, en se recevant, en se partageant. Autrement dit, Dieu n’est qu’amour. Il est l’anti-pouvoir, l’anti-Narcisse, l’anti-indifférent. La Trinité est toujours en état de don et de rayonnement, d’où sa joie. "Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son...

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École de prière (22) Présence de Dieu, trésor de l'âme

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Marie Leonie Paradis

 "Mettons-nous en présence de Dieu et adorons-le". Qui n'a pas entendu cette formule, à l'église ou dans un groupe de prière, avant de réciter un chapelet ou une autre prière? Dieu ne nous est-il pas toujours présent? Oui, mais sommes-nous présents à sa présence? Se mettre en présence de Dieu veut dire : s’arrêter un moment, se recueillir, prendre conscience de sa présence en nous. Qu’importe si nous ne la ressentons pas lorsque nous prions, l’important est « d’être » en sa présence. C’est dans la foi profonde que nous rencontrons Dieu, au-delà de tout sentiment. Il réalise sa présence en nous, au présent.  Un cœur qui écoute Si je me mets en présence de Dieu, ce n’est pas d’abord pour être bien dans ma peau, mais pour écouter ce que Dieu veut me dire. Cette écoute attentive se résume à un appel à aimer et à me laisser aimer au cœur même de...

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30 avril: sainte Marie de l'Incarnation

Nouvelle France
marie incarnation tours 37

Le 3 avril 2014, le pape François a fait tout un cadeau à l’Église canadienne et à sa population. Il a inscrit au catalogue des saints sœur Marie de l’Incarnation (1599-1672), fondatrice du couvent des Ursulines à Québec, et François de Laval (1623-1708), premier évêque canadien et fondateur du Séminaire de Québec. Ces canonisations dites «équipollentes», c’est-à-dire sans miracle et sans qu’une célébration formelle n’ait lieu, nous montrent que la vie de ces deux modèles d’évangélisateurs est en quelque sorte un miracle. Si François de Laval est considéré comme le père de l’Église canadienne, Marie de l’Incarnation en est la mère. La vie et les écrits de cette grande mystique continuent toujours d’attirer des gens. Certains se réunissent ici et là pour approfondir son message. Plusieurs pièces de théâtre, films et livres lui ont été consarcrés tout récemment. Née Marie Guyart, elle est devenue madame Martin, puis sœur Marie de l’Incarnation. Femme d’action...

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Je crois




L'Année de la foi, ouverte par Benoît XVI le 11 octobre 2012, et qui sera clôturée par le pape François le 24 novembre prochain, aura permis de raviver la foi des catholiques, d'approfondir la rencontre du Christ et de son Église. Personnellement, elle aura été l'occasion d'approfondir l'acte de croire que j'ai décliné en quinze variations dans mon livre L'aventure de la foi. Dans sa lettre encyclique Lumen Fidei, écrite avec Benoît XVI, François a montré qu'on ne peut pas croire tout seul. Bien qu'on dise "je" crois, la foi s'ouvre au "nous" de l'Église. "L'acte de croire s'exprime comme une réponse à une invitation à une parole qui doit être écoutée [.] Il est possible de répondre à la première personne, "je crois", seulement dans la mesure où l'on appartient à une large communion, seulement parce que l'on dit aussi "nous croyons" (no 39). Ainsi, celui qui croit n'est jamais...

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L'un de la Trinité a souffert



Le Père s’est compromis en son Fils qui a partagé notre douleur et notre histoire. Il a risqué notre humanité. Mais peut-on dire que Dieu a souffert et qu’il souffre encore? Oui, dans le Christ et les membres de son corps. Les conciles d’Éphèse et de Chalcédoine ont défini qu’il y a dans le Christ une seule personne, mais deux natures, humaine et divine, ce qu’on appelle l’union hypostatique. Pas facile à comprendre ce mystère, je l’avoue. Si le Dieu de la foi chrétienne souffre, ce n’est pas comme nous. Sa souffrance est liée à la nature humaine du Verbe fait chair qui culmine dans la résurrection, la victoire de la vie sur la mort. Dieu est heureux Même si Dieu souffre, il reste fondamentalement heureux. Sa compassion n’altère en rien sa joie profonde. La joie de Noël ne s’efface pas devant le scandale du Calvaire. Dieu est un Dieu de...

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Pentecôte: le souffle d'une présence

Esprit Saint 3

Un jour, j'assistais avec mon épouse à un récital d’un chanteur chrétien. J’étais assis de telle façon dans l’église qu’en regardant vers le chanteur je voyais ma compagne de profil. Un souffle ténu soulevait sa poitrine, battait comme une onde sur ses tempes. J’étais ému par cette expérience de présence. Mon regard en était un d’amour devant la vie qui passait par ce souffle fragile. Je respirais au même rythme qu’elle, respectant le secret de sa vie, la distance d’un soupir. Les personnes qui m’entouraient ne se doutaient de rien, pourtant je vivais une petite Pentecôte intérieure, comme il y en a tant dans nos vies, depuis le jour du «violent coup de vent» (Actes des apôtres 2, 2). J’avais l’impression de m’approcher du mystère de mon épouse, comme si ce souffle était un canal qui laissait couler son âme, une fuite par où s’échappait le souffle de Dieu qui respire...

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École de prière (2): Pourquoi prier?



Pourquoi prier? Y a-t-il une réponse définitive à cette question? Comme la source coule gratuitement sans se demander pourquoi, la prière va son chemin en nous à travers les siècles. Nous n’avons qu’à nous ouvrir à son débit généreux qui veut tout envahir. Mais à quoi bon prier ? Si vous jugez la prière selon des critères de rentabilité, elle peut sembler inutile. Ses effets ne se mesurent pas à l’aune de critères humains. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas efficace. Elle est de l’ordre de la relation et de l’amitié, de la foi et de l’espérance. Dieu, l’amour, la poésie, la beauté sont également inutiles, mais si nécessaires pour vivre. La question « pourquoi prier » renvoie ainsi à cette autre question : « pourquoi vivre » ? Voici dix raisons de prier. Comme ce sont les miennes, j’aurais pu intituler ce deuxième carnet de l’École de prière : « Pourquoi je prie » ? Les cinq premières...

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