Skip to main content

Le blogue de Jacques Gauthier

Jésus et les vendeurs du Temple

Existe-t-il de saintes colères ? Nous n’avons pas à tout accepter, mais à aimer, parfois avec colère, comme le Christ a chassé les marchands du Temple par amour pour la maison de son Père. Il y a des situations ou des gestes qui nous choquent parce que nous sommes épris de justice et de compassion. C'est ce que Jésus a vécu dans ce récit repris par les quatre évangélistes et qui figure au 3e dimanche de Carême de l'année B.

jesus chassant les marchands du temple

La Pâque juive approche. Jésus monte à Jérusalem pour aller au Temple, le lieu par excellence du Judaïsme. Il y a une grande affluence dans la cité, plusieurs viennent de loin. Les gens entrent et sortent du Temple comme dans une foire. Ils achètent des agneaux sur place, les égorgent pour les offrir en sacrifice. Il y a les comptoirs de change pour permettre aux voyageurs d’échanger leurs pièces de monnaie étrangère, donc impures. Certains crient au voleur, font la grimace à cause du prix exagéré. On dépouille surtout les plus pauvres. 

Jésus voit les vendeurs de bœufs, de brebis, de colombes et les monnayeurs; il devient furieux. Il les jette tous hors du temple avec un fouet. Il n'abolit aucun rite et ne discrédite pas le culte, il recentre le Temple sur Dieu et la prière, la bienveillance envers les plus pauvres. Il éparpille la monnaie des changeurs et renverse leurs tables. Il dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » (Jean 2, 16).

 Jésus s'approprie ce verset du psaume 69 qu’il connaît par cœur : « L’amour de ta maison m’a perdu ; on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi ».

Des rabbins et des pharisiens l’interpellent et lui demandent quel signe il va leur montrer pour faire cela. Son intervention s’apparente aux gestes que faisaient les prophètes de l’Ancien Testament pour mieux communiquer leur message. Jésus leur répond : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »

Bien sûr, les Juifs ne comprennent pas, et ce sera même un motif de sa condamnation. Comment peut-il s’en prendre au Temple, seul lieu sacré où on puisse offrir des sacrifices à Dieu? Ils répliquent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »

Comment savoir qu’il parlait du sanctuaire de son corps, l’unique temple ? Comment deviner qu’en annonçant la destruction du temple, il abolirait les offrandes de viande de boucherie et nous donnerait son propre corps en nourriture pour ne former qu’un seul corps ? Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, les disciples se souviendront qu’il avait dit cela et ils croiront.

À chacun de se poser la question : est-ce que je me sers du pouvoir pour asservir les autres ou pour les servir comme Jésus qui a lavé les pieds de ses disciples ? 

La vie spirituelle est un combat entre la lumière et les ténèbres, l’amour et l’égoïsme. « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent », écrivait Victor Hugo. Jésus a mené un combat spirituel contre le mensonge et l’hypocrisie qui l’a conduit jusqu’à la croix. Ce combat spirituel est une lutte pour l’espérance. Il ne s’arrêtera pas, car la nuit est sans bornes, mais la foi chrétienne nous dit que le Christ est ressuscité, qu’il a vaincu les forces du mal, car " ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes" (1 Corinthiens 1, 25).


Pour aller plus loin:
Jésus raconté par ses proches (Parole et Silence / Novalis).
En sa présence. Autobiographie spirituelle (Artège / Novalis).

Mariage, eros et agapè
Les noces de l'Époux

Sur le même sujet:

 

Commentaires

Pas encore de commentaire. Soyez le premier à commenter
mercredi 3 juillet 2024

Image Captcha

En acceptant, vous accéderez à un service fourni par un tiers externe à https://www.jacquesgauthier.com/